Acquisitions récentes

Shayne Dark

Wildfire, 2009
Bois et pigment
Dimensions variables
Pièce in situ réalisée pour le MAJ
Don de l'artiste

L’œuvre Wildfire s’inscrit dans la série d’œuvres intitulée Here and Gone, une importante production sur laquelle Shayne Dark travaille depuis 2006. Les pièces de cette série sont conçues au moyen de branches de bois amassées dans la nature, que l’artiste assemble ensuite pour créer des structures géométriques simples ou formellement éclatées. Tributaires des données spatiales et structurelles des lieux dans lesquels elles se déploient, ces structures ont de particulier une méthode d’assemblage qui laisse place au hasard et à l’indéterminé. Convertibles, elles prennent chaque fois une forme différente lorsqu’elles sont reconstruites dans un nouveau contexte d’accueil. Cette particularité reflète le caractère instable de la nature qui se métamorphose au gré de ses différents cycles de vie. Dark a réalisé la sculpture Wildfire spécifiquement pour le Musée d’art de Joliette, et ce, à même l’arbre devant son entrée. Cette sculpture a été créée à partir de morceaux de bois que l’artiste a amassés sur les rives du 14 Island Lake, près duquel il vit, situé à 50 km au nord de Kingston en Ontario. La proposition sculpturale de Dark surgit de l’érable à Giguère, qui était déjà présent sur le site du Musée lors de sa construction en 1975.

Jérôme Fortin

Sans titre, 2004
Collage (fait de mangas japonais) sur papier Arches
56 x 76 cm
Donation Maurice Forget

Ce collage témoigne du cheminement et de la démarche de l'artiste Jérôme Fortin. Unique dans sa production, cette œuvre représente le tout premier essai de sa série les Écrans, qui fut présentée à l’occasion d’une rétrospective consacrée à l’artiste au Musée d’art contemporain de Montréal en 2007. Les Écrans – formés de bandes de papier tressées et ensuite juxtaposées – présentent une certaine unité formelle qui leur confert un rendu davantage abstrait. Il s’agit d’une insertion plus marquée dans l’espace proprement pictural, qui s’oppose en quelque sorte aux qualités de la forme et de l’objet caractéristiques de ses œuvres antérieures. En ce sens, les Écrans laissent présager une certaine rupture dans le parcours de l’artiste, qui semble s'être amorcée dans sa série des Marines (2002), dont le Musée d’art de Joliette possède quelques exemplaires.

 

François Lacasse

Solipse, 1995
Acrylique sur toile
115 x 180 cm
Donation Maurice Forget

L’œuvre Solipse est représentative des préoccupations de l’artiste au début de sa carrière. Elle peut être considérée comme une œuvre témoin de la période transitoire qu’il a connue dès la fin de ses études universitaires jusqu’au début des années 1990. Cette œuvre marque la période où l’artiste a précisé les paramètres de sa pratique et a graduellement délaissé l’emploi d’éléments figuratifs ainsi que tout recours à la citation afin de se pencher sur certains aspects plus formels de la peinture. Ses toiles sont recouvertes d’une couche de médium transparent sur lequel il verse de l’encre au compte-gouttes de manière à laisser la gravité décider de sa trajectoire. Un tel rendu implique une manipulation de la toile afin que l’encre s’écoule et se fraie un chemin dans le médium transparent, dissimulant du même coup la surface de l’œuvre. Les références aux maîtres anciens, qui étaient auparavant de mise dans sa pratique, seront alors évacuées par une sorte de brouillard voilant le premier plan, l’objectif étant de créer une tension qui relève de l’image proposée, image qui n’est jamais entièrement visible.

François Lacasse

Grandes pulsions, 2007
Acrylique et encre sur toile
189,5 x 152,5 cm
Don de l'artiste

Amorcée en 2005, la série des Grandes pulsions comporte plus de 15 œuvres. Délaissant les coulures et les tableaux colorés des séries précédentes, l’artiste tente à travers celle-ci une expérience optique basée sur l’observation d’harmonies chromatiques parfois monochromes, sinon contrastées. Par la superposition d’aplats, il tente de mettre de l’avant les nuances chromatiques des grisailles et le dynamisme de l’image qui est ici généré par le rythme de l’enchaînement des plages colorées. L’accumulation de couches de peinture nous laisse donc entrevoir un même geste répété, celui consistant à verser la peinture au moyen d'un ustensile de mesure. Après le brouillage des images, l’autonomisation de la couleur, la saisie du mouvement, l’usage de la transparence et la mise à vue d’une profondeur illusionniste, cette œuvre de François Lacasse peut être considérée comme le reflet de l’aboutissement des nombreuses expérimentations qu’il a réalisées depuis le début de sa carrière. Elle permet également de constater la progression de ses recherches sur les aspects formels de la peinture.
 

Monique Mongeau

Poire d’ombre, 1997
Huile sur toile
30  x  30  cm
Donation Maurice Forget

L'œuvre Poire d’ombre, réalisée en 1997, marque la fin d’une séquence d’œuvres que Monique Mongeau a commencée en 1993, en se penchant sur l’étude approfondie du motif de la poire. Dans cette série, Mongeau représente la poire sous tous ses angles, dans le but de démontrer toute la vulnérabilité de la nature. Une poire, d’abord peinte en entier (dans Pirus, 1993), ne devient par la suite visible qu’à travers ses fragments (dans la série De Pyrrhus à pira, 1994), puis qu’à travers de simples débris d’elle-même (Pédoncules, 1996), pour finir par n’être qu’une ombre projetée (Poire d’ombre, 1997). Cette œuvre marque donc la dernière étape dans la réflexion de l’artiste sur la fragilité de la nature.

Georg Pencz

Hérodiade et la tête de saint Jean-Baptiste, XVIe siècle
Gravure au burin
4,4 x 7,5 cm
Don de Virginia Lemoyne, à la mémoire de Raymond D. LeMoyne

La gravure d’Hérodiade et la tête de saint Jean-Baptiste est très représentative de la production gravée en petit format de Pencz. Pencz aurait réalisé quelques épisodes des décapitations de l’Ancien Testament, tels que ceux de Samson et Dalila, de Judith et Holopherne ainsi que de Salomé et le chef de saint Jean-Baptiste. La technique de Pencz est caractéristique de la manière de Dürer. La complexité des traits repose sur des lignes parallèles claires et fines, de même que sur des lignes hachurées pour les fonds, qui donnent une finesse au détail, typique du style de Pencz. Remarquons l’audace avec laquelle il cadre sa composition très serrée sur les protagonistes, ainsi que la liberté qu’il prend de rappeler l’épisode de la décapitation à gauche de la composition en frise. Pencz appartient à ces artistes qui, au contact des Italiens et dans l’influence de Dürer, ont été séduits par les formes innovantes de la Renaissance italienne et témoignent de la qualité des œuvres gravées dans les ateliers du Rhin au XVIe siècle.

Ana Rewakowicz

Travelling with my Inflatable Room, 2004-2005
Projection vidéo sur deux canaux
4 min 30 s, en boucle
Édition 1 de 2
Don l'artiste

Travelling with my Inflatable Room est une projection vidéo sur deux canaux dans laquelle nous visionnons un montage d’images filmées par l’artiste lors d’un voyage de performance qu’elle a fait à travers le pays en 2004. Durant un mois, l’artiste s’est déplacée à travers le Canada avec Inside Out, une grande structure de latex gonflable représentant une chambre. Cette représentation d’une pièce intérieure fixe et intime devint, au cours du pèlerinage pancanadien de Rewakowicz, une structure amovible publique adaptée aux différents lieux extérieurs où l’artiste se trouvait, par exemple à la ville ou à la campagne, sur des terrains privés, aux abords d’un cours d’eau ou dans un paysage montagneux. Le tout est présenté sur fond sonore de la pièce musicale Going, Going, Gone du groupe de musique The Stars.
 

Henri Venne

Polarisation, 1994
Épreuve argentique (panneau gauche)
et acrylique (panneau droite) sur carton Hi-art
36 x 41 cm
Don de Maurice Forget

L'œuvre Polarisation a été créée en 1994, période transitoire où l’on situe les débuts de la pratique d'Henri Venne. Polarisation marque une étape importante dans sa recherche artistique, puisqu'il s’agit de l’une des premières œuvres où il délaisse le recouvrement de la photographie par un glacis composé de médium acrylique. À partir de ce moment, l'artiste se lance dans la quête d’un dialogue entre l'espace illusoire de la photographie et l'espace réel de l'œuvre qu'est la surface picturale. Cette nouvelle recherche sur la juxtaposition de la photographie et de la peinture se caractérise par un traitement photographique plus abstrait dont les éléments visuels de la composition sont continués (ou imités) dans le tableau peint juxtaposé. Cette stratégie visuelle vise à complexifier la lecture de l'œuvre et notre perception de celle-ci, tout en démontrant les similitudes picturales entre la photographie et la peinture. Henri Venne explorera ces deux réalités de manière constante jusqu'en 2010.