Jean-Pierre Gauthier – Les générateurs stochastiques

Commissaire : Charlotte Lalou Rousseau

Du 9 juin 2018 au 9 septembre 2018

À propos —

En mathématique comme en musique, un processus stochastique relève d’au moins une variable aléatoire. De la même façon que les mathématiciens produisent des modèles probabilistes pour évaluer les champs d’action du hasard, Jean-Pierre Gauthier crée des systèmes qui visent à se rapprocher du vivant, du chant des oiseaux. L’artiste récupère, trafique et mécanise des objets du quotidien afin d’exploiter leur potentiel sonore. Les sculptures cinétiques qui en résultent prennent souvent la forme d’installations poétiques et ludiques.

L’exposition Les générateurs stochastiques rassemble des œuvres créées entre 201o et 2018, mettant en évidence les dualités qui traversent la pratique artistique et musicale de Gauthier : ordre et chaos, composition et décomposition, contrôle et abandon, systématique et aléatoire, organique et inorganique. Les générateurs stochastiques se posent en oxymores : est-ce possible de reproduire le hasard ? D’arranger les aléas ?

Bien qu’un coup de dés, comme l’écrit Mallarmé, jamais n’abolira le hasard, Gauthier propose d’y arriver par le jeu. Ses installations sont avant tout activées par la présence humaine. Qu’elle soit volontaire ou non, tactile ou cinétique, l’action du visiteur déclenche une série d’opérations mécaniques et électriques qui donnent vie à l’œuvre. Une manivelle active un émetteur piézoélectrique dans une clarinette. Un détecteur de mouvement, rattaché à un compresseur d’air, anime une quincaillerie thoracique.

L’installation polyphonique Générateur stochastique, créée spécifiquement pour les espaces du Musée, multiplie les interactions, les hasards et les (pertes de) contrôles. Héritière de la musique générative, elle refuse la fixité et la hiérarchie des sons, la prévisibilité et la détermination des arrangements. La boîte à musique stochastique se présente en console de jeu de hasards interactifs. Dès leur création, les sonorités se modulent, traitées par une programmation audionumérique. Au gré de l’activation des manettes et des capteurs cinétiques, les ondes dérivent, se superposent, s’entrelacent dans un acousmonium de tuyaux. Elles s’éloignent de leur source jusqu’à s’en dissocier, avant d’envahir les espaces où circulent visiteurs, courants d’air, mécaniques et probabilités.

L’exposition Les générateurs stochastiques se déploie dans un second lieu. Au Festival de Lanaudière, du 7 juillet au 5 août 2018, sera installé le Clacophone. Dans un isoloir construit à cet effet, les mélomanes seront invités à participer, par leurs applaudissements, à une composition sonore évolutive diffusée à l’entrée du site du Festival.

L’artiste remercie le Conseil des arts du Canada de son soutien pour la production de ce projet.

L’exposition se déploie également hors des murs du Musée, avec le Clacophone, présenté au Festival de Lanaudière du 7 juillet au 5 août 2018.

Œuvre à la une :
© Jean-Pierre Gauthier, vue de l’exposition en cours au Musée d’art de Joliette (Les Générateurs stochastiques, 2018). 
Photo : Vanessa Fortin

 

Biographie —

À travers des dispositifs visuels, sonores et cinétiques, Jean-Pierre Gauthier sonde avec humour et poésie la prévisibilité attendue des divers systèmes qu’il construit. Gauthier réalise également des performances sonores à partir d’instruments inventés. Son travail a été présenté en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe et en Asie.
Figure marquante des arts médiatiques canadiens, Gauthier a remporté de nombreux prix, tels que le Prix Sobey pour les arts en 2004, le Prix Victor-Martyn-Lynch-Staunton en 2006 ainsi que le Prix Louis-Comtois en 2012. L’artiste est représenté par Ellephant à Montréal.