Histoire et architecture

Histoire du Musée

Les origines du Musée d'art de Joliette remontent au début des années 1940, avec l’aménagement par la congrégation des Clercs de Saint-Viateur d’une galerie de peintures au Séminaire de Joliette, sous la direction du père Wilfrid Corbeil (1893-1979). La qualité des œuvres acquises par les Clercs – parmi lesquelles se trouve la célèbre nature morte Les raisins verts (1941) de Paul-Émile Borduas – témoigne du flair et de l’esprit d’avant-garde du père Corbeil et de ses collaborateurs, et permet bientôt au musée du Séminaire de se bâtir une réputation enviable. Au fil des ans, de nombreux dons viennent enrichir la collection de peintures et de sculptures canadiennes constituée par le père Corbeil, notamment celui du chanoine Wilfrid Anthony Tisdell (1890-1975), qui, en 1961, fait don au musée de quelque 400 pièces. La collection ne cesse de s’enrichir si bien qu’en 1966 les Clercs de Saint-Viateur en confient la gestion à un comité chargé d’en assurer la promotion. Formé, entre autres, par le père Corbeil et un nouveau collaborateur, le futur sénateur Serge Joyal, le comité est constitué l’année suivante sous le nom de Musée d’art de Joliette.

Lors de la création des cégeps en 1968, le Séminaire cède son cours collégial au ministère de l’Éducation. Il est d’abord question que le nouveau Cégep de Joliette conserve la collection, mais l’idée est vite abandonnée et le Musée se voit forcé de quitter le Séminaire. En 1969, il emménage dans les locaux de l’ancien Scolasticat Saint-Charles, une solution qui ne peut être que temporaire, car le clergé souhaite se départir de l’édifice. Dès lors, pour les responsables du Musée, le mot d’ordre sera construire. Après de longues démarches auprès des gouvernements fédéral et provincial pour obtenir des octrois de fonctionnement et de construction, le musée est officiellement mis en chantier le 26 août 1974 et ouvre ses portes au public près d'un an et demi plus tard, soit le 25 janvier 1976.  

Le Musée d’art de Joliette (MAJ) se présente aujourd’hui comme le plus important musée d'art au Québec en dehors des grands centres urbains. Tout en poursuivant le travail de conservation, de diffusion et de recherche entrepris il y a plus d’un demi-siècle par ses fondateurs, le Musée continue d’enrichir sa collection permanente, qui regroupe à l’heure actuelle quelque 9 000 œuvres réparties en cinq collections : art canadien, art européen, art contemporain, art décoratif et archéologie. En parallèle, il offre une programmation diversifiée, articulée autour de la mise en valeur de sa collection permanente et de la présentation d’expositions temporaires ainsi qu’une foule d’activités éducatives et culturelles pour tous les publics.

Architecture du Musée

Avec l’inauguration du nouvel édifice en 1976, les dirigeants du Musée d’art de Joliette réalisent un rêve qu’ils chérissaient depuis longtemps : voir le Musée s’installer dans un bâtiment conçu à des fins strictement muséales.

Pour le père Wilfrid Corbeil, c’est un double rêve qui devient alors réalité. Les plans de la nouvelle construction, dessinés par Jacques et Julien Perreault, et signés par Jean Dubeau, architecte de Joliette, ont été réalisés à partir d’une maquette conçue par le père Corbeil lui-même, qui était tout aussi épris d’architecture que de peinture, de sculpture ou de théâtre. S’inspirant des travaux de Le Corbusier, le père Corbeil a choisi de créer, pour abriter la collection du Musée, un bâtiment de style international aux formes épurées qu’il qualifiait volontiers d’« abstraction architecturale ».



En 1985 et en 1992, l’édifice fait l'objet de réaménagements majeurs qui ont pour effet de doubler ses surfaces d'entreposage et d'exposition. Le Musée compte maintenant 1 327 mètres carrés de surface d'exposition et 367 mètres carrés de surface d'entreposage répartis en 2 grandes réserves. Il dispose également d'une salle à vocation éducative qui en fait un lieu idéal pour accueillir une clientèle scolaire et y tenir des ateliers et des activités diverses. Les salles d’exposition ont aussi fait l’objet de nombreux réaménagements au fil des années afin de faciliter la mise en espace des œuvres et la circulation des visiteurs.

Fait intéressant à noter : pendant les travaux d’excavation qui ont précédé la construction du musée, on a trouvé une énorme pierre enfouie là où se situe maintenant l’édifice. On pensait à l’époque qu’elle avait été laissée là « par le passage des glaciers de la préhistoire ». Cette grosse pierre se trouve encore aujourd’hui sur le terrain de l'édifice. C’est elle que les visiteurs voient lorsqu’ils arrivent au MAJ.