David Sorensen. Entre zénith et nadir

Commissaire : Julie Alary Lavallée

Du 15 janvier 2023 au 2 avril 2023

À propos —

Coup d’œil sur la collection du MAJ

La peinture de David Sorensen tire principalement son essence de phénomènes naturels associés à la lumière, à l’horizon, aux couleurs, à la configuration du paysage, mais aussi à d’autres sources d’inspiration, comme l’architecture et l’univers culturel de l’Amérique précolombienne. Imprégné de la nature de la Colombie-Britannique, où il est né, et du Mexique, qu’il adopte plus tard pour y séjourner régulièrement, l’art de Sorensen fait appel à une forte connaissance de l’art tout en établissant une relation avec les lieux. Parfois commencées dans le Sud et terminées au Québec, dans cette province devenue son point d’ancrage plus permanent à partir de 1966, ses œuvres sont transportées en voiture à travers les frontières. Mobile, Sorensen personnifie cet axe vertical, le zénith-nadir, qui raccorde ce qui se situe au-dessus de la tête de l’humain et à ce qui se trouve sous ses pieds. C’est perpendiculairement à cette verticalité que se manifestent les horizons terrestre et céleste qui évoluent au gré du territoire et de l’avancée du jour et de la nuit.

Ses grands tableaux, des environnements visuels, nous immergent à l’intérieur d’une image propice à la contemplation, dont l’essentiel nous est transmis sous la forme d’une impression intime et du souvenir d’un lieu vu et ressenti. En 1959, Sorensen découvre le colour field, style pictural abstrait rattaché à la ville de New York et développé dans les années 1940 autour de larges champs de couleur. C’est au début des années 1970 qu’il intègre cette influence à sa pratique picturale intéressée par la luminosité et la chaleur de l’environnement méso-américain. Sorensen expliquait qu’il se plaisait à passer une heure sur le toit au Mexique, entouré de coussins et accompagné d’un livre, à se réveiller lentement en observant la flore et la lumière ambiante.

Les trois œuvres de David Sorensen ici présentées et celle accrochée au deuxième étage, dans l’exposition de la collection permanente, appartiennent à ses deux premières décennies de création en tant que peintre, car sa formation le destinait plutôt à une carrière d’architecte et de sculpteur. Deux de ces tableaux ont été présentés à Montréal en 1974, lors de sa première exposition solo en peinture à la galerie Espace 5, qui eut un impact retentissant sur sa trajectoire. Cette même année, il acquiert un terrain dans les Cantons de l’Est et convertit progressivement la vieille grange, l’unique bâtiment du domaine, en un atelier lumineux. Ses modus operandi et vivendi se stabilisent alors qu’il se consacre à l’enseignement de 1981 à 2000.


Biographie —

Reconnu comme peintre abstrait, David Sorensen (Vancouver 1937 – Montréal 2011) suit d’abord une formation en architecture et en sculpture. Il présente sa première exposition solo en 1964 à Mexico, lieu où il séjourne fréquemment. Installé à Montréal en 1966, Sorensen développe une carrière de peintre et occupe un poste de professeur en arts visuels à l’Université Bishop (1981–2000). Ses œuvres ont fait l’objet de nombreuses expositions à travers le pays et à l’étranger, notamment aux États-Unis, en Suisse, en France, en Italie, au Japon et en Chine. Une rétrospective de ses 45 ans de carrière a été présentée en 2005 au Musée du Bas-Saint-Laurent. Ses œuvres font partie de nombreuses institutions muséales et collections privées.


image à la une :

© Succession David Sorensen. David Sorensen, Rayures [Stripes], 1974, huile sur toile, 91,2 x 79 x 3 cm, (Détail). Photo : Musée d’art de Joliette