Monika Grzymala – Raumzeichnung (bulle)

Commissaire : Commissaire : Anne-Marie St-Jean Aubre

Du 9 juin 2018 au 9 septembre 2018

À propos —

Les dessins dans l’espace de Monika Grzymala sont taillés sur mesure pour le lieu qui les accueille, en dialogue tant avec l’architecture du bâtiment où ils s’inscrivent qu’avec le contexte plus large qui les entoure. Formée d’abord en sculpture, elle prend tout naturellement en compte la tridimensionnalité dans ses dessins. Bien que les œuvres semblent se présenter comme des installations avant tout formelles, composées de lignes réfléchissantes ou opaques sortant littéralement du mur pour se projeter dans l’espace et le moduler, très concrètement, celles-ci agissent avant tout en tant que métaphores d’un état mental, voire d’une éthique du lien – celui qui nous relie aux autres, mais également à l’environnement et à nous-mêmes, dans une relation d’interdépendance. Usant des particularités d’une salle pour en faire ses alliées, Grzymala adopte un processus de travail basé avant tout sur l’écoute et la sincérité : elle traduit dans l’œuvre ce qu’elle perçoit et ressent, dans un mouvement de va-et-vient entre son intériorité et les facteurs extérieurs qui se présentent à elle, aiguillant sa sensibilité.

Créant seule, sans l’aide d’assistant, elle nuance ses projets en fonction de ses capacités physiques. Ainsi, les œuvres sont marquées par les paramètres de son propre corps : sa grandeur, sa force, sa résistance à la fatigue, sa rapidité d’exécution, sa concentration sont toutes des données qui affectent le résultat final – qui n’est qu’une étape dans un long processus d’apprentissage, chaque projet informant naturellement le prochain. Car ses œuvres s’inscrivent dans un continuum. Par leur caractère éphémère, elles traitent de l’impermanence de toutes choses : altérées parfois par la gravité, elles s’adaptent, et la matière, une fois l’œuvre démantelée, existe à l’état de potentialité pour revivre sous une nouvelle forme.

En entrant dans la salle Harnois, on se trouve dans un paysage mental, et un champ de forces se déploie. Monika Grzymala considère d’ailleurs le dessin comme une pensée en action, par lequel le geste se synchronise à l’esprit, la pensée étant entendue ici dans un sens plus large, incluant les états affectifs et les états de corps. Au Musée d’art de Joliette, pour son œuvre Raumzeichnung (bulle), l’artiste s’est inspirée du flot de la rivière alors que, face au Musée, une rupture du plan d’eau engage un brusque changement faisant passer la matière du calme au bouillonnement. Cette existence en deux temps est reprise dans la conception du dessin, où une étendue coiffée d’écume se prolonge en un vaste tourbillon engouffrant la salle. Le rythme, associé à la gestuelle de l’artiste, est un élément important de son travail. Il prend ici une connotation particulière puisque les lignes du dessin créent des trajectoires rebondissant dans tous les sens, comme les gouttelettes d’eau suite à leur chute dans le vide. Pourtant, l’installation évite la simple représentation sous forme d’image figurative. Elle est une expérience, qui évoque une réalité en s’adressant aux sens et au corps en entier.

Œuvre à la une :
© Monika Grzymala, Raumzeichnung (bulle) (installation en cours au Musée d’art de Joliette, 2018).
Photo : Vanessa Fortin & Romain Guilbault

 

En collaboration avec le Goethe Institut

 

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Biographie —

Née en 1970 en Pologne, Monika Grzymala vit et travaille à Berlin, en Allemagne.

L’artiste a fait partie de nombreuses expositions internationales et a réalisé plusieurs projetsin situ : 18e Biennale de Sydney, Museum of Modern Art (New York), Des Moines Art Center (Iowa), Morgan Library and Museum (New York), Arsenal – Art contemporain (Montréal), Tokyo Art Museum, Reykjavik Art Museum, Albertina Museum (Vienne), The Bluecoat (Liverpool), Arter – Space for art (Istanbul), The Drawing Room (Londres), Fruitmarket (Édimbourg), Museum voor Schone Kunsten (Gand), Lisson Gallery (Londres), Kunsthalle (Hambourg), Marian Goodman Gallery (New York) et The Drawing Center (New York). Son récent projet d’art public Helix – Raumzeichnung Uppsala, une sculpture permanente de 25 mètres de hauteur, a été inauguré en février 2018 au Uppsala Science Park (Suède).

Pour une chronologie exhaustive, veuillez consulter le site web de l’artiste.