Semaine 2 : Les trouvailles de l’équipe du MAJ

L’édito de Jean-François Bélisle, directeur général et conservateur en chef du Musée d’art de Joliette

 

La réalité… absolue?

Est-ce que la science construit des modèles scientifiques pour expliquer le monde qui nous entoure, ou plutôt le monde qui nous entoure est continuellement catalogué selon des modèles scientifiques existants ? La différence est à la fois subtile et énorme. Elle parle de deux modèles de réflexions qui sont souvent perçus comme étant opposés. Et pourtant.

Dans le premier scénario, il existe une réalité absolue et complètement objective, que nous essayons de comprendre au moins de la méthode scientifique. Dans le deuxième scénario, il y a une certaine acceptation que quoi que la réalité soit, celle-ci nous parvient à travers des outils foncièrement subjectifs (nos sens) et incomplets (nos connaissances). Et donc la méthode scientifique parle plus de notre propre subjectivité que d’une objectivité absolue. Je ne parle pas ici des « fake news » ou de tout autres raccourcis politiques. Je parle plutôt d’une certaine humilité que tous les scientifiques doivent accepter quand ils regardent l’histoire des sciences.

Plusieurs artistes, dont Marina Gadonneix (exposée au MAJ à l’automne 2019), ont produit des œuvres connexes à une telle réflexion. Elle a, entre autres, exploré des découvertes scientifiques du passé qui aujourd’hui nous apparaissent complètement loufoques. En juxtaposant ce passé, qui est habituellement relégué aux oubliettes dès que possible, à des expériences et découvertes scientifiques récentes, elle nous encourage à questionner l’objectivité de notre science contemporaine. Sera-t-elle toute aussi loufoques aux yeux des humains de demain ?

Ce questionnement nous apparaît d’autant plus sérieux et « objectif » que l’artiste nous poussant dans cette réflexion utilise une certaine méthode scientifique dans son approche. Les expériences photographiées sont documentées de manière très structurée et rigoureuse. Deux adjectifs habituellement réservés à la méthode scientifique. Les œuvres sont présentées de façon sobre et sont accompagnées de textes scientifiques. Tout pousse les visiteurs à oublier la subjectivité de la voix de l’artiste au profit d’un questionnement.

Depuis toujours, les artistes sondent notre société et notre compréhension du monde qui nous entoure. Ce faisant ils construisent des modèles artistiques, ils cataloguent ce même monde selon leurs modèles, et ils encouragent les spectateurs à se questionner à leur tour. À la lumière de la richesse de ce que nous apporte les arts visuels, je serais porté à affirmer que les deux scénarios proposés en introduction sont complémentaires plutôt qu’opposés.

Jean-François Bélisle

 


 

Une réponse à “Semaine 2 : Les trouvailles de l’équipe du MAJ”

  1. Depuis trois jours que je me questionne, au début je me disais, ce n’est pas pour moi .
    J’ai continué à réfléchir sur ce que je pourrais faire avec les moyens à ma disposition……..
    Recherche de textes qui m’aideraient, puis , description de mon idée .
    j’ai donc au lever du soleil préparer mon (LABOR’ART ) »
    Laboratoire.
    Là, je fais des essaies, à suivre.

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