Semaine 2 : Les trouvailles de l’équipe du MAJ

L’édito de Julie Armstrong-Boileau, responsable des communications du Musée d’art de Joliette

 

La matière brute… sous nos pieds

Je me souviens du temps pas si lointain où ma collègue Charlotte Lalou Rousseau, adjointe à la conservation ici au MAJ, préparait L’Attraction du paysage, l’exposition de Patrick Coutu. Elle semblait envoûtée par les lectures qu’elle faisait sur la science et les mathématiques et par les liens qu’elle tissait avec le travail du sculpteur Patrick Coutu.

Pour inspirer les créateurs et créatrices qui veulent nous envoyer leur création avant ce mercredi 1er avril à midi, sur la thématique des arts et de la science, j’avais le goût de partager un extrait d’un texte qu’a rédigé Charlotte au sujet d’une oeuvre très imposante de Patrick Coutu, Roche-mère. Cette oeuvre de Patrick Coutu se présente d’abord comme un mur de matière brute devant nos yeux. En regardant ce mur de plus près, cette roche mastodonte, on voit apparaître une route ou… plusieurs petites routes tracées dans la roche. La roche, le minéral ou la texture de ce qui se trouve sous nos pieds lorsqu’on marche à l’extérieur en pleine nature ou même sur une rue ou un trottoir m’a toujours semblé extrêmement inspirant. On peut s’imaginer un autre monde dès lors qu’on regarde ce qui porte nos pieds, notre corps, l’univers tout entier.

Voici un extrait du très beau texte de Charlotte Lalou Rousseau, au sujet de cette oeuvre de Patrick Coutu, exposée au MAJ l’automne dernier :

Roche-mère est un prélèvement dans le paysage du Témiscouata. En tant que découpe imparfaite d’un territoire, elle incarne le geste de faire paysage. L’œuvre est l’empreinte de la matière sous-jacente aux vallées et aux montagnes qui définissent le territoire que nous habitons, jadis le fond d’un océan. La roche a depuis subi des transformations importantes, comme le suggèrent les couches sédimentaires orientées verticalement. Possiblement modulée par un choc météorique ou un mouvement tectonique, on l’imagine encore fendue, troussée par un glacier, puis figée à nouveau à cet endroit jusqu’à la prochaine scission, celle de la route. Les sillons cylindriques verticaux qui traversent le pan de rocher sont les témoins du dynamitage nécessaire au passage des machines humaines. Les cicatrices suggèrent une intervention violente, à la fois inhérente à la création d’un paysage et révélatrice d’une beauté qui n’aurait été accessible autrement. Elles apparaissent comme une césure, un saut vertigineux dans le temps.
Charlotte Lalou Rousseau

Vous souhaitez participer à Musée en quarantaine en nous envoyant vos créations?
La date limite à chaque semaine est le mercredi à midi.
Voici le thème de la semaine et la foire aux questions :

 

 

Images à la une : Patrick Coutu, Roche-mère, 2019. Photos : Romain Guilbault.

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