Semaine 3 : Les trouvailles de l’équipe du MAJ

L’édito d’Anne-Marie St-Jean Aubre, conservatrice àde l’art contemporain au Musée d’art de Joliette

 

Réfléchir aux relations d’interdépendance

 

Le contexte actuel de la pandémie nous force à réfléchir à nos modes de vie. Ce temps d’arrêt serait salutaire pour nous sensibiliser à l’importance d’une meilleure protection des écosystèmes et de l’environnement. Les gouvernements, malgré les appels répétés de plusieurs activistes environnementaux et étudiants qui sont sortis dans les rues manifester à la suite de Greta Thunberg, tardent à mettre en place des mesures plus strictes pour limiter les conséquences du réchauffement climatique. Le ralentissement des industries allié aux limites touchant les déplacements de tous provoquent déjà des changements visibles quant à la pollution atmosphérique. Le Point  rapporte les propos de Carole Daniel, du Centre national d’études spatiales, qui, images à l’appui, démontre que la concentration de dioxyde d’azote et de monoxyde de carbone dans l’air au-dessus de la Chine et de l’Italie a diminué drastiquement à la suite des mesures de confinement mises en place. Est-ce que le coronavirus aura au moins l’avantage de nous montrer qu’il est possible, si on fait preuve de courage politique, de renverser la vapeur et réduire les effets de la crise environnementale ?

 

Dans un article du Devoir, publié dans l’édition papier du 28 mars dernier, on nous apprend qu’il est probable que le pangolin, un mammifère vivant en Afrique et en Asie, ait pu transmettre le coronavirus à un humain. Selon le journaliste Alexandre Shields : « Cette chaîne de transmission de l’animal à l’humain n’étonne pas les scientifiques, qui ont déjà fait le même type de rapprochement avec d’autres virus. Ils ont été nombreux cette semaine à insister sur les liens qui existent entre la destruction des milieux naturels (déforestation, agriculture intensive, urbanisation, etc.), la commercialisation des espèces sauvages et la propagation à grande échelle de virus comme celui de la COVID-19. »

 

Avec la modernité, l’être humain en est venu à se percevoir comme un acteur supérieur, indifférent aux cycles et aux phénomènes du monde naturel. Il lui est ainsi devenu facile d’assujettir l’eau, la nature, les espèces végétales et les espèces animales, en les envisageant comme des marchandises qui n’ont qu’une valeur d’échange et d’usage. Cette vision anthropocentrique encourage les dérives capitalistes actuelles, qui nous mènent directement vers une crise écologique sans précédent. Les œuvres de la série Living Time (2019) de Jin-me Yoon, et le tableau Water is Life (Thunderbird Mom) (2017) de Christi Belcourt, artistes auxquelles le Musée d’art de Joliette consacrait sa programmation à l’été 2019, nous rappellent que l’être humain fait partie d’un tout, dont l’équilibre est affecté par nos pratiques et nos modes de vie.

 

Les figures humaines sont moins centrales dans les œuvres récentes de Jin-me Yoon, qui les montre fragiles et vulnérables aux côtés des immenses sequoias de la côte ouest. Christi Belcourt souligne de son côté que « le pouvoir de l’eau est celui de la vie même ». Ensemble, ces œuvres mettent de l’avant l’enjeu de l’interconnexion du vivant. Souhaitons que des leçons soient retenues de la crise actuelle et ce, malgré les défis économiques qui nous attendent au bout du tunnel.

 

Images à la une :

Jin-me Yoon, Série Living Time, 2019. Photo : Paul Litherland.

Christi Belcourt, Water Has No Flag, Spider Woman Weaving Hair and Moon Medecine for Babies Making Their Way to Earth From the Stars and

Water is Life (Thunderbird Mom), 2017. Photo : Paul Litherland.



ENVOYEZ-NOUS VOS CRÉATIONS

Vous souhaitez participer à Musée en quarantaine en nous envoyant vos créations?
La date limite à chaque semaine est le mercredi à midi.
Voici le thème de la semaine et la foire aux questions :

 


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *