Semaine 3 : Les trouvailles de l’équipe du MAJ

L’édito d’Ariane Cardinal, conservatrice à l’éducation au Musée d’art de Joliette

 

« Peindre sur le motif » comme Ozias Leduc et Suzor-Côté

 

Bien que les réseaux sociaux et le téléphone me permettent de rester en contact avec ma famille et mes amis, l’isolement commence à me peser. Aussi, la thématique de la semaine « La force de la nature » m’inspirait peu. En effet, comment puis-je parler de la nature et des arts, puisque confinée entre les quatre murs de mon appartement? Aussi, je me suis assise dans la cour arrière avec un carnet, des crayons et de la peinture. J’ai croqué les arbres, la neige qui fond, les bourgeons… et graduellement, j’ai retrouvé ma bonne humeur.

 

musée en quarantaine dessin d'ariane cardinal

 

J’ai pensé à ces artistes de la deuxième moitié du 19e siècle qui peignaient sur le motif. On dit « peindre sur le motif », lorsqu’on peint à l’extérieur, devant le sujet. C’est notamment l’invention de la peinture en tube qui a rendu la création en plein air plus accessible car elle était plus facilement transportable (à l’inverse des pots cassables et lourds). Munis de tubes de peinture déjà préparée, les peintres pouvaient désormais plus facilement quitter leur atelier et travailler en plein air ou dans un lieu public comme un café, pour mieux capter une atmosphère ou traduire la lumière d’un paysage. Cette nouvelle invention permettait également aux artistes de travailler complètement différemment, en appliquant par exemple d’épaisses couches de peintures directement depuis le tube (Impasto).

 

Cette nouvelle façon de faire a révolutionné les techniques utilisées jusqu’alors et s’est inscrit dans l’histoire de l’art.

 

Cet accès direct et facilité à la nature a, par la suite, inspiré de magnifiques créations. Pensons notamment aux pochades Paysage d’Ozias Leduc (vers 1900) ou Paysage de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté (1924), qui sont actuellement présentées dans l’exposition Les Îles réunies au MAJ. Ces représentations de la nature nous émeuvent et nous éblouissent tout à la fois. Elles représentent la campagne québécoise de l’époque.

 

D’ailleurs pourquoi peindre des paysages? Parce que tout simplement la nature et sa représentation artistique arrivent à : donner à voir le monde, garder une trace, une image de la nature qui nous entoure, raconter une histoire, penser et faire réfléchir, émouvoir, partager le beau … et bien plus encore!

 

Alors pourquoi ne pas vous aussi combattre le spleen de l’isolement en vous installant dans votre jardin ou à votre fenêtre pour représenter ce que vous voyez? Et surtout n’hésitez pas à nous faire parvenir le résultat.

Car elle peut aussi être là, la force de la nature, pour nous remonter le moral pendant cette pandémie et nous réunir même virtuellement via notre blogue!

 

Images à la une :

Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté, Paysage, 1924.

Ozias Leduc, Paysage, 1900 c.


ENVOYEZ-NOUS VOS CRÉATIONS

Vous souhaitez participer à Musée en quarantaine en nous envoyant vos créations?
La date limite à chaque semaine est le mercredi à midi.
Voici le thème de la semaine et la foire aux questions :

 


2 réponses à “Semaine 3 : Les trouvailles de l’équipe du MAJ”

  1. Quel beau thème cette semaine , la force de la nature ,elle est partout , les Arbres , le vent ,les oiseaux , les humains ….

    • Bonjour Madame Beauséjour,
      Merci! Oui, c’est un thème particulièrement intéressant en cette période de confinement qui coïncide avec le printemps…
      Au plaisir de voir votre création cette semaine. 🙂
      Julie et l’équipe du Musée

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