Musée d’art de Joliette

Musée d’art de Joliette

Anahita Norouzi
Rift

Anahita Norouzi. Rift interroge la notion de « progrès » comme instrument de domination coloniale à travers l’histoire de l’exploitation pétrolière en Iran. Si le projet de l’artiste émane de l’examen d’un cadre historique et géopolitique particulier, il contribue à ouvrir plus largement la réflexion sur le contexte actuel, alors que les problématiques croisées de la montée des impérialismes et de l’extraction abusive des ressources de la planète entraînent un déséquilibre planétaire qui menace des populations et fragilise l’avenir de l’humanité. Dans ses nouvelles œuvres filmiques et installatives, l’artiste adopte une démarche de contre-prospection pour examiner comment les infrastructures pétrolières et culturelles ont été déployées conjointement pour contrôler corps et esprits. Tissées à partir de captations inédites sur le terrain et d’archives cinématographiques, les œuvres entrelacent bouleversements historiques, tragédies culturelles, et tensions entre visées expansionnistes et basculements révolutionnaires. Plus encore, les pièces explorent comment la modernisation coloniale a transformé la région en un espace spectral marqué par des ruines écologiques et la dépossession, révélant ainsi ce qui persiste aujourd’hui des dynamiques du passé. L’exposition Rift interroge en outre les notions de circulation et de déversement à travers les « débris impériaux », envisagés comme des dispositifs actifs qui perpétuent des modes de contrôle plutôt que d’ouvrir sur une configuration post-impériale.

Commissaires : Ariane De Blois et Louise Déry

Biographie

Anahita Norouzi

Anahita Norouzi est une artiste multidisciplinaire originaire de Téhéran, active à Montréal depuis 2018. Elle est titulaire de diplômes d'études supérieures en arts visuels et en design graphique de l'Université Concordia, à Montréal. Sa démarche, axée sur la recherche, s'inspire d'histoires marginalisées, avec un intérêt particulier pour les héritages des explorations botaniques et des fouilles archéologiques, notamment lorsque la recherche scientifique s’est retrouvée mêlée à l'exploitation coloniale de géographies non occidentales. Déployée à travers une variété de matériaux et de médiums — sculpture, installation, photographie et vidéo —, son œuvre interroge différentes perspectives culturelles et politiques sur l'« autre » humain et non humain, en mettant en lumière l'espace complexe entre l'état de conflit que vivent les personnes déplacées, les plantes et les artefacts culturels, ainsi que les responsabilités du pays d'accueil. Le travail de Norouzi a été présenté à l'international, notamment à BIENALSUR, la Biennale internationale d'art contemporain d'Amérique du Sud (Buenos Aires), au Musée des beaux-arts du Canada (Ottawa), au Musée des beaux-arts de Montréal, au Royal Ontario Museum (Toronto) et au Musée national des beaux-arts du Québec. Elle a reçu de nombreuses bourses, subventions et distinctions, notamment le prix de création de la Fondation Grantham, le prix du Fonds d'artiste Liz Crockford et la mention de mérite du Vermont Studio Center. Elle est lauréate du Prix d'art contemporain du Musée national des beaux-arts du Québec (2023) et de la résidence Impressions du Musée des beaux-arts de Montréal (2022), et a été finaliste pour le Prix d'art contemporain Magic of Persia ainsi que pour le Prix Sobey pour les arts (2023).

Partenaires

Une coproduction du Musée d'art de Joliette et de la Galerie de l'UQAM.

L'exposition à la Galerie de l'UQAM sera présentée du 6 novembre 2026 au 16 janvier 2027. Pour plus d'information, visitez le site web de la Galerie de l'UQAM.

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