Musée d’art de Joliette

Musée d’art de Joliette

Kelly Richardson
Orion Tide

L’œuvre vidéo Orion Tide (Marée d’Orion) s’ouvre sur un paysage désertique surplombé d’un magnifique ciel étoilé, baigné par une atmosphère teintée de mauve. Filmée en plan large, l’image fixe nous transporte dans un univers inhospitalier et inhabité, aux allures extraterrestres. Dans ce paysage, des phénomènes lumineux non identifiés, semblables à des explosions s’élèvent vers le ciel, propageant un bruit sourd et laissant derrière eux une épaisse fumée grise. L’origine mystérieuse de ces détonations vient renforcer le caractère énigmatique du lieu. Divers scénarios sont alors envisageables : s’agit-il d’un futur anticipé, d’un passé lointain ou d’une fiction? Les lumières émanent-elles du décollage d’engins spatiaux, d’explosions ou encore de feux d’artifice? Par ses images, l’artiste défie la capacité des visiteurs à déterminer le vrai du faux. Bien que la référence à la constellation d’Orion soit évoquée dans le titre, Kelly Richardson n’indique à aucun moment l’origine du lieu et préfère jouer avec l’ambivalence de la scène. Ainsi se dégage une atmosphère à la fois calme et inquiétante, ponctuée par le mouvement vertical des objets lumineux.

La singularité des vidéos de Kelly Richardson réside dans la multitude des sources qu’elle emploie. Inspirée par la science-fiction et les paysages romantiques du XVIIIe siècle, l’artiste mêle des images de paysages terrestres existants auxquels elle intègre, par un montage judicieux, des extraits documentaires et des effets numériques. Les vidéos créées renvoient le spectateur à des images d’origine incertaine et ambigüe par la familiarité qu’elles dégagent, mais aussi perturbantes et envoûtantes.

Commissaire : Émilie Ruiz

Biographie

Kelly Richardson

Kelly Richardson est une artiste vidéaste et photographe canadienne internationalement reconnue dans le domaine des arts numériques pour ses paysages hyperréalistes. Elle s’intéresse particulièrement aux mécanismes qui conduisent à la production d’images complexes et ambigües. En plus de bénéficier d’expositions internationales, ses installations vidéo ont été présentées au Festival international du film de Toronto, en 2012, et au Festival de Sundance, en 2009 et 2011. Elle reçoit pour sa contribution aux arts visuels, en 2009, un National Arts Award.

Entrevue avec Kelly Richardson à la Northern Gallery for Contemporary Art