Marcel Barbeau – Vibrato

Marie-Hélène Foisy

Du 1 octobre 2016 au 8 janvier 2017

À propos —

Le Musée d’art de Joliette rend hommage à Marcel Barbeau, un grand peintre et sculpteur québécois, dans une exposition qui retrace les moments-clés de sa période « new-yorkaise ». Un moment effervescent où l’artiste explore les possibilités de la couleur et de l’art optique. Réalisée à partir des œuvres de la collection permanente du MAJ, elle plonge les visiteurs dans l’univers éclaté et coloré de Marcel Barbeau.

En 1958, Marcel Barbeau assiste à un concert de Karlheinz Stockhausen (1928-2007), pionnier de la musique classique contemporaine et de la musique électronique. Lors de ce premier passage à Montréal, Stockhausen présente notamment une pièce avant-gardiste intitulée Gruppen (1958). Composée pour trois orchestres s’affrontant dans une joute sonore, la spatialisation des sons, qui intéresse le compositeur, y est particulièrement présente. Marcel Barbeau, n’ayant jamais rien entendu de tel, vit alors une véritable révélation. Les effets sonores, les vibrations et l’esthétique tout à fait nouvelle de cette musique le saisissent tout autant qu’ils l’inspirent. Dans les jours qui suivent, il réalisera une série de dessins très simples, dont la composition préfigure déjà de sa période optique.

En 1964, après avoir vécu quelques années entre Montréal et Paris, Barbeau part pour New York. Au sein de ce bouillon de culture et d’art, ses sens sont sollicités : le mouvement incessant de la ville, des voitures, des passants, des lumières, et la musique des boîtes de jazz, où il danse toute la nuit, stimulent son intérêt pour le mouvement et le cinétisme. C’est dans son atelier d’Union Square qu’il parachève sa recherche initiée en 1958. L’artiste réalise, à cette époque, ses premières œuvres d’art optique. Sa production de cette période, associée au « Op Art » new-yorkais, fera de lui un des précurseurs de ce mouvement au Canada.

Biographie —

Dès 1944, Marcel Barbeau (1925-2016) est l’élève Paul-Émile Borduas à l’École du Meuble de Montréal. Étant du groupe de jeunes artistes qui gravitent autour du maître, il signe le Manifeste du Refus Global, en 1948. D’esprit libre et indépendant, Barbeau mène toute sa vie une recherche artistique personnelle qui s’inscrit dans un incessant besoin de création et d’exploration. Le mouvement, le rythme et la musique constituent des thèmes clés qui nous permettent de mieux saisir l’ensemble de son œuvre, qui ne cesse d’osciller entre gestualité et contrôle. Cette production monumentale, aussi riche que diversifiée, s’échelonnera sur près de soixante-dix ans, faisant de Marcel Barbeau un des artistes les plus importants de l’histoire de l’art canadienne.

Information —

Salle EBI