Mat Chivers – Migrations

Commissaires : Jean-François Bélisle et Anne-Marie St-Jean-Aubre

À propos —

L’intelligence artificielle à l’œuvre

 

Avec l’avènement de l’intelligence artificielle, la société occidentale entame une transformation majeure de sa relation avec son environnement. Il y a plus d’un an, le Musée d’art de Joliette invitait le sculpteur anglais Mat Chivers en résidence de production au Québec, afin qu’il crée un nouveau corpus d’œuvres en dialogue avec le milieu de l’intelligence artificielle, en pleine ébullition à Montréal. Dès son arrivée, Chivers a pris la route pour découvrir le territoire québécois, qu’il n’avait encore jamais visité, longeant le fleuve jusqu’à Tadoussac pour bifurquer vers les terres en direction du réservoir Manicouagan, où on lui a parlé d’un minerai très particulier : l’impactite. Ce premier périple a eu un effet déterminant sur la réalisation de son projet, intrinsèquement lié aux rencontres qu’il a effectuées et aux discussions qui l’ont inspiré, à cette occasion et lors de ses séjours de recherche subséquents. Les collaborations sont nombreuses et essentielles à la mise en place de cette exposition, qui a impliqué, entre autres, le travail de programmeurs en intelligence artificielle, la complicité de céramistes, la participation de spécialistes en numérisation 3D et le travail de professionnels en taille de pierre à l’aide de scies robotisées.

 

Et pourtant, c’est moins les prouesses technologiques qui font l’intérêt du projet que les enjeux plus larges qu’il soulève : comment les développements de l’intelligence artificielle affecteront-ils, de manière primaire, nos vies? Comment nous aident-ils à cerner et à nommer ce qui est le propre de l’être humain?

 

L’exposition Migrations est composée de trois éléments : un important ensemble sculptural, une vidéo et un diptyque de dessins. À sa source, l’intuition que le toucher, qui permet d’entrer directement en relation avec notre milieu de vie, est un sens fondamental de l’expérience humaine que l’intelligence artificielle ne pourra jamais réellement comprendre. C’est en relatant un parcours improbable, recomposé au fil de ses œuvres, que l’artiste suggère des pistes hypothétiques pour comprendre les bouleversements qu’annonce ce développement technologique.

 

Dans ce contexte, le titre Migrations réfère ici à la migration des informations à travers la matière, mais également au processus qui font passer d’un niveau de conscience à un autre.

 

Ces questionnements, qui ont habité Mat Chivers et l’ont aiguillé tout au long de son exploration, se traduisent tant par la matérialité que par le sujet de ses œuvres.

 

Cette exposition a été rendue possible grâce au soutien financier et technologique de :
Element AI, Duchesne Lac-Mégantic, Groupe Omégalpha, USIMM, l’Université Concordia, Figure 55, C2 Montréal, UNTTLD, ainsi que Marylise Parent, Jean-Daniel Sylvestre et Jean-François Bouchard.

 
 

Images à la une
© Mat Chivers. Vues de l’exposition Migrations, Musée d’art de Joliette, 2018.
Photos : Romain Guilbault.

 
 
Vidéo de Migrations

Biographie —

L’artiste britannique Mat Chivers s’intéresse aux phénomènes fondamentaux qui existent au-delà de la surface des choses et à la façon dont ces phénomènes informent notre expérience du monde. Résultant de processus de création faisant appel à des technologies analogiques et numériques, ses œuvres donnent corps à une hybridation de concepts et de procédés de fabrication révolus et actuels. Par ce processus, l’artiste explore la nature de la perception et de l’action.

Mat Chivers a participé à des résidences d’artiste en Italie (2016), en Afrique du Sud (2014) et en Angleterre (2013 et 2009). Ses œuvres ont été vues en Europe dans plusieurs expositions en solo et en groupe. En 2014, il a reçu une commande de sculpture pour le nouvel édifice du Mathematical Institute de l’Université Oxford. C’est de ce projet axé sur la collaboration avec des mathématiciens de l’Institut qu’a émergé sa méthode de travail, devenue depuis emblématique de son approche.

Information —

À voir jusqu'au 6 janvier 2019!