Jean-Paul Jérôme. Les abstractions lyriques

Date de publication : 31 janvier 2020
Prix : 30,00 $

À propos de l’artiste et du contenu du livre

Cosignataire en 1955 du premier Manifeste des Plasticiens avec Louis Belzile, Fernand Toupin et Rodolphe de Repentigny (Jauran), Jean-Paul Jérôme et ce groupe avaient fait une entrée remarquée sur la scène artistique montréalaise en se dissociant nettement de l’Automatisme toujours prédominant. Les Plasticiens préconisent une peinture non figurative aux formes planes, agencées de manière décentrée dans l’espace du tableau : une apologie de la rigueur qui favorise l’autonomie des moyens picturaux.

Produites entre 1969 et 1970 et jamais exposées durant sa longue carrière, les encres sur papier de Jean-Paul Jérôme apparaissent aujourd’hui comme une sorte de parenthèse dans une production essentiellement consacrée à l’abstraction géométrique.

Marqué par la peinture française des années 1950 lors d’un séjour à Paris de 1956 à 1958, il poursuit son exploration des nombreuses possibilités offertes par la peinture abstraite. Durant les années 1960, il entreprend un véritable dialogue avec l’oeuvre plus gestuelle de Hans Hartung, puis explore de manière personnelle les ressources de l’art optique, nouvelle tendance internationale. Dans le contexte de son évolution, la production soudaine de ces encres en 1969 constitue donc une rupture significative, un saut dans l’inconnu.

Dans un premier temps, de petits carnets de dessin lui servent à se faire la main. Quelques coups de pinceau rythmés animent l’espace de chacune des pages. Il adopte un nouveau médium plus fluide : l’encre de Chine Palen’s qui se vend maintenant en flacon de différentes couleurs, vives et très lumineuses. Rapidement son rapport à l’espace de l’œuvre se transforme radicalement.

Séduit par la texture du papier japon, il pose les feuilles sur le sol de son atelier. Muni d’un pinceau large et d’un manche à rallonge, l’artiste travaille debout, ce qui lui permet d’augmenter l’amplitude du geste et la largeur des traces enchevêtrées. Des gouttes de couleurs sans doute projetées au hasard rappellent la technique du « dripping » mise au point par Jackson Pollock en 1947 pour exprimer son ardeur de peindre, ferveur que l’on retrouve dans la personnalité forte et singulière de Jérôme.

Pour ce livre, l’auteure a dépouillé les archives de l’artiste en recontextualisant la période qui nous intéresse : 1969-1970. Son regard aiguisé nous permet d’avoir grâce à cette publication une vision beaucoup plus précise des grands moments de la vie de Jean-Paul Jérôme et de la source de ses influences.

À propos de l’auteure

Constance Naubert-Riser est historienne de l’art et critique d’art, spécialiste des XIXe et XXe siècles. Elle a été professeur d’histoire de l’art à l’Université de Montréal, au département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques qu’elle a d’ailleurs dirigé.

 

60 pages
28 x 20,5 cm, reliure allemande
Textes en français et en anglais
Dépôt légal : 2020

ISBN 9782921801720