Au nom de la matière. Le musée imaginaire de Louise Warren

Commissaire : Louise Warren

Du 15 août 2020 au 10 janvier 2021

À propos —

Avec Au nom de la matière. Le musée imaginaire de Louise Warren, la poète et essayiste lanaudoise fait des murs du musée une nouvelle page blanche et propose une mise en espace qui s’agence comme un poème.

Elle nous ouvre les portes de sa collection personnelle afin d’illustrer les rapports étroits entre art et littérature. L’exposition met en lumière les liens que ses poèmes et essais entretiennent avec la création, avec les artistes et leurs œuvres, ainsi que les choix esthétiques mis de l’avant dans ses essais et sa poésie : l’effacement, la répétition, l’attachement, la lecture d’une forme, le souvenir, le collage, entre autres.

La plupart des œuvres sont des petits formats, elles appartiennent à son quotidien. Elles figurent dans son atelier, elles en partagent et nourrissent l’esthétique. En partageant ainsi son atelier d’écriture avec le musée, Warren attire l’attention sur un art de vivre avec les formes, les matières, les sensations.

Elle met de l’avant une communauté d’artistes qui l’ont accompagnée, que leurs œuvres soient reproduites dans certains livres ou qu’ils soient cités dans ses textes : Suzanne Dubuc, Stéphanie Ferrat, John Heward, Alexandre Hollan, Krochka, Denise Lioté, Monique Mongeau et Sylvia Safdie entre autres se côtoient avec finesse sur les murs tout autant que dans les écrits de Warren.

Pour nombre d’artistes, la forme est matière. Cette vérité s’applique aussi à la poésie. Louise Warren voit un poème comme un tableau, comme une déambulation dans l’imaginaire. Le poème contracte et isole cette matière contemplative.

 

Où que je sois, je suis mon propre atelier, continuellement travaillée par mes matériaux. J’y suis engagée. Je parle en leur nom. Au nom de la matière.
Louise Warren

 

Bande sonore - Au nom de la matière

 

Voici la bande sonore intégrale de 17 minutes. Un extrait de cette bande sonore est diffusé dans la salle de l’exposition au Musée d’art de Joliette.
Lecture par Louise Warren du livre d’artiste Au nom de la matière, Louise Warren et Julie Bénédicte Lambert, 2019

 

Voir les cartels

 

 


Artistes présenté.e.s dans l’exposition :

Suzanne Dubuc, Stéphanie Ferrat, Richard Gravel, Philippe Hélénon, John Heward, Alexandre Hollan, Krochka, Hugo Lamarre, Judith Lamarre, Sophie Lanctôt, Denise Lioté, Arié Mandelbaum, Monique Mongeau, Sylvia Safdie, Béatrice Sokoloff, Samuel-Charles Warren

 


Avec le soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec

CALQ

 


Images à la une :

Krochka, Petit bleu, huile, 2006 et Alexandre Hollan, Vie silencieuse, aquarelle, 2007.

 

Biographie —

Née à Montréal (Québec), Louise Warren vit dans la région de Lanaudière. Engagée dans l’écriture depuis 35 ans, elle a publié de nombreux livres de poésie et ses essais portent sur l’expérience de la création et de l’œuvre d’art, dont la trilogie des Archives.

Elle a participé à de nombreux événements internationaux, en Europe, en Amérique du Sud, en Nouvelle-Zélande et au Japon. En mai 2010, elle a été l’invitée d’honneur du Marché de la poésie de Montréal. En septembre et octobre 2015, elle a été écrivain en résidence à Lisbonne. De cette résidence a paru Le livre caché de Lisbonne, aux éditions du Noroît.

Louise Warren a reçu le prix Littérature, pour La vie flottante. Une pensée de la création, ainsi que le prix Ambassadeur Télé-Québec des Grands Prix Desjardins de la culture de Lanaudière 2016. Cet essai a été retenu comme finaliste aux Prix du Gouverneur général 2016 dans la catégorie Essais. En 2018, elle a reçu le prix Créatrice de l’année dans Lanaudière du Conseil des arts et des lettres du Québec.

http://www.louisewarren.com/

 

 

Mot de la commissaire —

Cette exposition met en lumière les liens que mes poèmes et essais entretiennent avec la création, avec les artistes et leurs œuvres, ainsi que les choix esthétiques qui soutiennent mes textes. Le tremblement, l’effacement, la répétition, l’attachement, la lecture d’une forme, le souvenir, le collage. Une communauté d’artistes m’accompagne depuis plusieurs années.

Il s’agit aussi de donner de la valeur à des objets qui n’appartiennent pas nécessairement au monde de l’art et à les faire cohabiter avec des œuvres d’artistes reconnus. Je pense au tableau du peintre inconnu, à des dessins de mon père ou de mes enfants ou encore à des livres d’artiste vendus dans des réseaux parallèles. Quant aux artistes, certains n’ont jamais été exposés dans un musée, et d’autres jamais hors de l’Europe.

La plupart de ces œuvres de petit format appartiennent à mon quotidien, elles habitent mes livres et je les vois sur mes murs. J’en suis imprégnée. J’aimerais attirer l’attention sur un art de vivre avec les formes, les matières, les sensations. Le musée est aussi le lieu de cet art de vivre.

Je porte le mot matière depuis longtemps : il désigne autant le vivant que l’écriture, les perceptions que les mots. Que cet événement soit l’occasion d’un partage de l’intime et d’une alliance vivante entre art et poésie.