Chloé Desjardins

Commissaire : Anne-Marie St-Jean Aubre

Du 6 février 2021 au 9 mai 2021

À propos —

 

Au centre de la démarche de Chloé Desjardins se trouve un intérêt marqué pour l’histoire des techniques artistiques, la symbolique des matériaux, les savoir-faire et la fonction des outils. En tant que sculptrice, elle reste également sensible aux idées qui surgissent au moment de la manipulation directe de la matière. Les matériaux nobles tels que le bronze et la porcelaine côtoient le plâtre et la résine dans son corpus de sculptures, souvent des moulages. Les socles, les emballages de papier bulle et les panneaux de plexiglas se voient élevés au rang d’œuvre d’art grâce à la transformation de leur matérialité. Ce geste fait ressortir la valeur symbolique de la matière : elle n’est en aucun cas anodine, mais signifie au même titre que le sujet représenté. Ainsi, les jeux de retournement, de miroir et de contraste imaginés par Desjardins mettent en question les conventions du monde de l’art. Ses œuvres ramènent à l’avant-plan des questions simples qui servent de moteurs à sa pratique : Qu’est-ce qui fait l’œuvre d’art ? Sur quelles caractéristiques repose son statut ?

 

À l’invitation du Musée d’art de Joliette, elle fait de la curiosité exprimée par d’autres le point de départ de sa réflexion, une première dans sa démarche. L’artiste a invité des membres de l’équipe du MAJ – directeur, conservatrices, registraire, responsable du service aux visiteurs, adjoint administratif, responsable des communications – à sélectionner, puis à décrire, un objet de la collection. Elle répondra à ces choix en créant une œuvre qui leur fera écho. Ses sculptures seront le résultat d’un exercice de transposition et de traduction découlant de son interprétation des textes initiaux, de ses recherches sur les artistes sélectionnés et de son désir de rendre visible l’envers de la collection, en particulier le contexte d’entreposage des œuvres en réserve et le soin constant dont elles sont l’objet.

 


Image à la une : 

Chloé Desjardins, Tête (1984.080), 2020. Crédit photo: Clément Dietz